Le 11 novembre 2016, Laurent Thomas prend seul la responsabilité de ne pas relâcher un requin tigre capturé pour la troisième fois au large de Poé. Deux à trois heures plus tard, l’autorisation d’euthanasie est donnée et l’autopsie confirmera que la mâchoire correspond à celle qui a coûté la vie à une baigneuse quelques mois plus tôt. Capitaine de sapeurs-pompiers depuis trente ans, l’homme qui a piloté cette traque a aussi bâti, avec l’IRD et la province Sud, les premiers protocoles calédoniens de gestion du risque requin. Il en tire aujourd’hui des leçons qui dépassent largement l’épisode de Poé…
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Bonjour Laurent et bienvenue sur NeOcean ! Avant tout pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Laurent Thomas, capitaine de sapeurs-pompiers professionnels depuis trente ans, dont vingt-deux ans passés en Nouvelle-Calédonie. Je me suis spécialisé dans la gestion des risques nautiques et aquatiques à travers la mise en place de la surveillance des baignades, les procédures d’intervention en période d’inondation et les techniques de sauvetage en eaux vives. C’est ma quatrième affectation calédonienne. J’ai d’abord été en poste à Nouméa pendant dix ans, puis chef de corps des pompiers de Bourail pendant trois ans. J’ai ensuite passé neuf ans à la sécurité civile, où j’ai piloté la construction d’une plateforme unique de réception des appels d’urgence. Ce projet, presque abouti, s’est arrêté net car la plateforme a brûlé en mai 2024. Depuis six mois, je suis adjoint au chef de corps des sapeurs-pompiers de la Ville de Dumbéa.
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Au cours de votre carrière, vous avez été confronté à plusieurs interventions liées à des attaques de requins. Comment les services de secours se préparent-ils à ce type d’événement ?
Au tout départ, on était novices. On a mis en place une procédure opérationnelle propre à la ville de Nouméa, puis une autre propre à la commune de Bourail. Il s’agissait des deux endroits où on a eu des signalements, avec une attaque mortelle à Bourail. Cette préparation a une histoire. Dans le cadre de mes fonctions à Nouméa, j’ai mis en place la surveillance des baignades en décembre 2005 à la Baie des Citrons, puis en septembre 2009 au Château Royal, à la demande du maire de l’époque. Pendant ces périodes de surveillance, on a été confrontés à plusieurs alertes requins, sans attaque directe, mais avec la présence récurrente d’un aileron dans la zone de baignade. On a alors mis en place un protocole d’évacuation des baigneurs, avec la possibilité de prendre un arrêté municipal d’interdiction temporaire de baignade si le risque persistait. Vers 2007/2008, on a construit un premier protocole d’alerte requin avec une signalétique dédiée grâce à des panneaux sur la plage, des arrêtés affichés sur les arbres, une signalisation orientée vers la mer pour les pratiquants de paddle et de canoë, déjà nombreux à l’époque. Plus tard, le P3R (plan de réduction du risque requin) mis en place par la ville de Nouméa après les premières attaques mortelles a structuré un vrai protocole post-attaque, co-construit avec des scientifiques : une ligne de capture prête à poser dans les heures qui suivent une attaque, une équipe de gestion pour la capture puis l’euthanasie si nécessaire et un protocole écrit noir sur blanc. Ce travail a débouché sur une signalétique commune et un signalement automatisé et centralisé par le COSS NC, avec des listes de diffusion standardisées. Le P3R a été communiqué aux deux associations de maires, à charge pour elles de le relayer auprès de leurs communes respectives. Des déplacements ont eu lieu pour présenter le protocole aux élus. Mais toutes les communes n’ont pas les mêmes moyens ! Nouméa dispose de drones, d’une police municipale conséquente, d’un service incendie important ; Bourail a des gardes-nature, des sapeurs-pompiers spécialisés en sauvetage aquatique et équipés d’une embarcation de sauvetage, des policiers municipaux ; une commune comme Touho, elle, n’a pas ce dispositif. La mise en œuvre réelle du protocole reste donc inégale.

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Lorsqu’une attaque de requin est signalée, quelles sont les toutes premières actions mises en œuvre par les équipes de secours ?
D’abord, il y a une remontée obligatoire au COSS, qui diffuse un message de sécurité pour informer tous ceux qui sont dans la zone qu’il y a un risque, qu’il ne faut pas se baigner et qu’il faut éviter la pratique de sport nautique. Il avertit ensuite l’autorité communale compétente, qui doit prendre un arrêté d’interdiction de baignade. Cet arrêté est cosigné selon la zone concernée : la Direction des Affaires Maritimes réglemente les eaux qui relèvent de la Nouvelle-Calédonie (le port autonome, la petite rade, la grande rade et au-delà des 300 mètres du rivage), tandis que des plages comme la Baie des Citrons, l’Île aux Canards ou l’Anse Vata relèvent de la bande littorale communale des 300 mètres. Une fois les baigneurs évacués et l’information diffusée, il faut, dans le même temps, mettre en place la procédure de capture et reconstituer l’équipe de gestion. En gros, qui va aller chercher le requin une fois qu’il est au bout de la ligne ? Auparavant, c’était la famille Cazères ou Deschamps, des pêcheurs professionnels formés avec notre vétérinaire (le docteur Agathe Binois), qui s’en chargeait. Se pose ensuite la question de la levée de l’interdiction de baignade et du niveau de risque acceptable pour l’ensemble des usagers du lagon (pas seulement les baigneurs, mais aussi les pratiquants de kitesurf et d’autres activités nautiques). C’est un vrai arbitrage bénéfice-risque. Enfin, l’attaque est l’occasion de lancer une enquête pour comprendre ce qui a pu favoriser la présence du requin à cet endroit (rejets organiques, courant inhabituel, réchauffement climatique, période de reproduction, etc.) et d’informer la population, notamment les nombreux visiteurs qui, contrairement aux résidents, ne connaissent pas les zones à risque.
Un dispositif que je regrette de ne pas avoir vu se concrétiser s’inspire de ce qui se fait en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande ; c’est-à-dire un système de drapeaux de couleur, affiché dans les écoles, à l’office du tourisme, sur les plages, indiquant le niveau de risque du jour selon différents critères (turbidité de l’eau, pluie récente, observations de requins…). Cela suppose d’installer une vraie culture du risque chez les usagers, y compris chez les touristes. Un touriste asiatique, par exemple, a souvent une peur très marquée des requins et peut renoncer à venir en Calédonie faute d’être rassuré sur la gestion du risque. L’exemple de La Réunion m’a marqué ! Leur Observatoire, financé par des fonds publics, a mis en place des bouées appâtées connectées près des zones sensibles. Quand une bouée perd son signal, un SMS est envoyé automatiquement à une liste de diffusion. Le prestataire chargé de la relever dispose d’une caméra embarquée et d’un délai à respecter ; s’il s’agit d’une espèce non ciblée, elle est relâchée vivante et il touche une prime. C’est un dispositif intelligent, qui n’a pas d’équivalent chez nous alors qu’il pourrait limiter les attaques mortelles.

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Les premières minutes sont souvent déterminantes pour la survie de la victime. Quels sont les principaux défis auxquels les secours sont confrontés lors de ce type d’intervention ?
La règle numéro un, c’est que dans une attaque de requin, la personne ne décède généralement pas de la morsure elle-même mais de l’hémorragie. Le premier défi, c’est donc de stopper l’hémorragie le plus vite possible, avant même l’arrivée des secours professionnels. Or très peu de professionnels de la mer disposent d’un garrot tourniquet à bord. Ce sont des garrots nouvelle génération qui permettent vraiment d’arrêter une grosse hémorragie. Quand je contrôle les écoles de voile, je leur demande systématiquement s’ils en ont un à disposition sur le bateau pilote. La plupart ont été sensibilisés aux gestes de premiers secours, mais très peu ont ce matériel à bord et savent encore moins s’en servir. Un taxiboat qui recueille un véliplanchiste attaqué, par exemple, devrait pouvoir agir immédiatement, mais ce n’est aujourd’hui pas le cas.
Un autre défi, plus organisationnel, tient à la méconnaissance du bon circuit d’alerte. Sur un cas réel qu’on a connu, le 15 (SAMU) a bien été prévenu et a envoyé un SMUR, mais le 16 n’était pas au courant ; donc la commune, qui est directrice des opérations de secours, ne l’était pas non plus, faute de demande de moyens pompiers ou d’ambulance. Or c’est le numéro 16 qu’il faut appeler en premier car il déclenche les secours nautiques et interconnecte automatiquement les autres plateformes d’appel. Ne pas suivre ce circuit, c’est perdre un temps précieux dans la coordination des moyens !

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Vous avez notamment travaillé sur la gestion du risque requin à Poé. Quels enseignements cette expérience a-t-elle apportés ?
J’ai muté à Bourail en 2013. Le maire de l’époque, Jean-Pierre Aïfa, m’avait demandé de réfléchir à l’actualisation de la gestion du littoral sur les sept kilomètres qui séparent le camping de Poé aux abords du Sheraton. J’avais commencé ce travail quand est survenue, en 2016, l’attaque mortelle de Madame Malignon. Ça a été un drame, suivi d’une grosse crise économique. Toutes les générations de Calédoniens allaient à Poé sans qu’il n’y ait jamais eu d’attaque ; le traumatisme a été énorme, avec une véritable obsession collective de tuer tous les requins du secteur, alors que les surfeurs et planchistes signalaient depuis des mois la présence de gros spécimens dans le lagon. Face à cette situation, j’ai proposé de monter une équipe projet avec pour objectif de réduire le risque et de le comprendre. On s’est associés à l’IRD, avec le chercheur Laurent Vigliola, à un pêcheur professionnel volontaire, Mickaël Cazères, à une vétérinaire, Agathe Binois et à un scientifique de la province Sud, Emmanuel Couture. Le premier problème à résoudre était que des habitants continuaient de tuer des requins malgré l’interdiction. On a communiqué pour expliquer qu’on avait désormais une stratégie, partagée et soutenue financièrement et techniquement par la province. Cette stratégie consistait à capturer les requins de la zone, les mesurer et les identifier, prélever des échantillons de sang et de graisse pour étudier leur régime alimentaire, puis les déplacer à l’aide d’un dispositif flottant à environ un mille nautique au large, au-delà de la faille. La vétérinaire s’assurait que l’animal ne soit pas mis en danger de mort, mais il subissait un stress important, dans l’idée de lui apprendre à ne pas revenir. La mairie a financé des observations aériennes, d’abord deux fois par jour puis deux fois par semaine, pendant près de six mois, pour vérifier si les requins revenaient. On avait ainsi identifié et déplacé huit ou neuf requins. Six mois après, la moitié étaient revenus ; on les a de nouveau tous capturés. Quatre à cinq mois plus tard, quatre nouveaux retours ; celui qu’on a rattrapé correspondait en tout point à la description donnée par le témoin qui avait extrait la victime de l’eau : un requin tigre juvénile, mâle, manifestement sédentarisé, avec une couleur et une entaille caractéristique sur la queue. Le 11 novembre, après l’avoir capturé pour la troisième fois, j’ai appelé le secrétaire général de la province Sud pour l’informer que je prenais la responsabilité, en accord avec le maire, de ne pas relâcher vivant ce spécimen sans attendre plus longtemps l’autorisation officielle. La réponse est arrivée deux à trois heures après : euthanasie autorisée. L’autopsie a confirmé que l’empreinte de la mâchoire correspondait à celle retrouvée sur la victime.
De cet épisode, plusieurs enseignements se dégagent. D’abord, le risque tigre n’est pas annuel (contrairement au risque bouledogue, présent toute l’année) les tigres étant surtout observés d’octobre-novembre à mars-avril, période de reproduction où les eaux sont chaudes et poissonneuses. Ensuite, la pression de pêche fait clairement diminuer le risque d’interaction ! Car un requin capturé une ou deux fois cesse de s’approcher, même quand on l’appâte directement. C’est un constat qu’on a documenté sur plusieurs années et que confirme l’Observatoire de La Réunion. Cette pression doit toutefois être continue, une action tous les six mois ne suffit pas.
Autre enseignement, après une attaque, une action de capture doit être engagée dans la zone dans les 24 à 48 heures, car un requin qui a goûté au sang humain devient un individu à comportement déviant, qui doit être euthanasié. Il s’agit de la même logique de précaution qui s’applique à un chien mordeur, quel que soit son tempérament habituel. Sur le protocole d’euthanasie lui-même, avec Agathe Binois et Mickael Cazères, on a testé plusieurs approches, dont différents barbituriques à différents points d’injection. La méthode la plus efficace et la plus respectueuse de l’animal s’est révélée être celle utilisée pour les bovins : un pistolet à cartouche qui projette une lame d’une vingtaine de centimètres en un point précis du sommet du crâne. Le requin, très contracté après avoir été sorti de l’eau, se détend instantanément, l’eau contenue dans ses ouïes se libère aussitôt et la mort survient alors très rapidement. Dernier enseignement, plus organisationnel : il faut toujours mobiliser les mêmes personnes, habituées à la gestion du risque post-attaque. Ce sont elles qui permettent d’agir vite et de donner les bons conseils au bon moment.


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Au fil des années, avez-vous constaté une évolution dans la manière dont les services de secours appréhendent le risque requin, que ce soit en matière de préparation, de matériel ou de coordination ?
Historiquement, tout part de la surveillance des baignades mise en place à Nouméa en 2005, suivie d’un premier protocole d’alerte requin vers 2007-2008. L’attaque mortelle de Bourail en 2016 a ensuite été un vrai déclencheur. Deux ans après le début du dossier de Bourail, les premières attaques mortelles sont survenues à Nouméa. La ville a alors co-construit son P3R avec de nombreux partenaires sous un comité de pilotage réunissant la province Sud, l’État et la Nouvelle-Calédonie, rejoint plus tard par les associations de protection de la nature, ce qui a rendu les campagnes de pêche organisées par la sécurité civile plus encadrées. Ce travail collaboratif a débouché sur des protocoles concrets, entre signalétique commune et signalement centralisé par le COSS.
Mais je vois deux écueils dans cette évolution. D’abord, on n’a pas maintenu de continuité dans la pression de pêche. Le requin bouledogue n’est plus chassé aujourd’hui, il recolonise donc les côtes. Ensuite, en 2025, j’ai interrogé les stagiaires des pompiers de Nouméa sur le P3R et la conduite à tenir en cas de déclenchement pour une attaque de requin. Aucun n’a su répondre. Ce travail a bien été fait, mais aujourd’hui, si on interroge n’importe quel professionnel (pompier, gendarme, policier, garde-nature) sur le protocole, la réponse n’est pas garantie. Tant que le sujet est chaud après une attaque, tout le monde s’en souvient ; ensuite, ça s’essouffle, jusqu’à la prochaine.

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La gestion d’une attaque de requin mobilise de nombreux acteurs. Comment s’organise la coordination entre les secours, les collectivités, les forces de l’ordre, les scientifiques et les autres partenaires ?
La coordination s’organise à plusieurs niveaux. Le COSS est le point d’entrée, c’est lui qui diffuse l’alerte, prévient l’autorité communale compétente et interconnecte les différentes plateformes d’appel. Ensuite, selon la zone concernée, c’est soit la Direction des Affaires Maritimes et/ou la commune, qui prend l’arrêté d’interdiction de baignade. Sur le fond, la gestion du risque requin mobilise un comité de pilotage multi-institutions, rejoint ensuite par les associations de protection de la nature. À l’échelle opérationnelle, cela peut impliquer la province, les gardes-nature, les pompiers, les forces de gendarmerie ou de police nationale et municipale, sans oublier les scientifiques et des pêcheurs professionnels formés spécifiquement à la capture. La diffusion du protocole aux communes passe par les deux associations de maires, à charge pour elles de relayer l’information et de convaincre leurs élus de la nécessité d’un plan. C’est un vrai travail de pédagogie.
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Les attaques de requins suscitent souvent une forte émotion dans la population. Comment les services de secours vivent-ils ces interventions, tant sur le plan humain que professionnel ?
Dès que les pompiers interviennent sur une attaque de requin, les personnes concernées sont systématiquement suivies par un psychologue. Il y a une vraie gestion du stress, parce que ce n’est pas une intervention comme une autre, c’est un événement violent et éprouvant. C’est propre à notre métier, dès qu’on est exposé à quelque chose d’aussi difficile, il y a un suivi.
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Selon votre expérience, existe-t-il des comportements ou des situations qui compliquent parfois le travail des secours lors d’un accident en mer ?
Le voyeurisme. On vit dans une société où l’image est omniprésente et parfois, prendre une photo semble compter plus qu’agir. On l’a vu sur la vidéo de l’attaque du touriste australien. Le sauveteur essayait de le sortir de l’eau, il n’y arrivait pas, il glissait dans le sang, épuisé et stressé et les gens filmaient au lieu de l’aider. C’est une femme qui, dans la vidéo, a fini par dire aux autres d’arrêter de filmer et d’aller aider le pompier ; c’est elle qui a aidé à hisser la victime sur la motomarine puis sur la plage, même si c’était déjà trop tard. Porter secours, sécuriser un périmètre, aider à sortir quelqu’un de l’eau, etc. tout cela devrait toujours passer avant de filmer, de photographier ou de commenter sur les réseaux. Il faut aussi savoir dénoncer ces comportements quand on les observe.
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Au-delà du risque requin, quels conseils donneriez-vous aux pratiquants d’activités nautiques afin d’être mieux préparés à une situation d’urgence en mer ?
D’abord, lire tout ce qui a été écrit sur les retours d’expérience post-attaque. Ensuite, se doter d’un garrot tourniquet et savoir s’en servir. C’est souvent ce qui fait la différence, puisque comme je le disais, on décède de l’hémorragie plus que de la morsure elle-même. Il faut aussi savoir formater correctement un message d’alerte. Le bon réflexe, c’est d’appeler en priorité le numéro qui déclenche les secours nautiques et interconnecte automatiquement les autres plateformes d’appel, donc le numéro 16 !
Enfin, connaître les bonnes pratiques pour limiter le risque d’interaction. Je pense que les opérateurs économiques qui travaillent dans et autour du lagon devraient être davantage sensibilisés et relayer eux-mêmes ces messages. Un peu comme à Tahiti, où plusieurs campagnes de sensibilisation sont systématiquement relayées par les prestataires touristiques, avec des QR codes et des affichages disponibles partout. Rien n’empêcherait de faire la même chose sur le risque requin : de petites capsules vidéo, des spots dans les écoles, au collège, au lycée, sur les plages, dans les magazines des compagnies aériennes. Le sujet devrait être rappelé en permanence, parce que la mémoire humaine est très périssable…
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