Épisode 2– Le mois d’avril : entre chantiers et perfectionnement 

Souquez les artimuses les pirates ! Mais aujourd’hui on laisse sa jambe de bois et son cache-œil au port car ce n’est pas avec des flibustiers que nous allons naviguer mais avec le Petit Poucet ! Nous avons nommé : Blade Runner, le petit voilier en lice pour la Groupama Race New Caledonia le 9 juin prochain. 

NeOcean embarque dans l’aventure Blade Runner qui prend le contrôle de la rédac, une fois par mois, pour y faire son journal de bord. Ce second épisode est placé sous le signe du l’optimisation et du perfectionnement. Entre travaux, rencontres, et régates, Damien Meunier vous raconte tout ! 

__

Chez Blade Runner, on s’équipe !

Ce mois d’avril a démarré sur les chapeaux de roue ! Après notre première régate Offshore en direction de Maré, l’heure est à la planification pour nos 60 derniers jours avant le grand départ. Répartition des tâches, retour d’expérience, débat sur les repas, point financier, benchmark et entraînements à venir… Rien n’est laissé au hasard. 

blade runner
Réunion au sommet © Blade Runner

À la suite d’une réunion de présentation de l’application « Team Regatta » par Cyril Mata au CNC, nous avons décidé de migrer vers cette plateforme qui va nous permettre de regrouper toutes les informations du bateau et de l’équipage : planification de nos travaux, entraînements, régates, tout est maintenant centralisé sur l’application. Un gain de temps énorme qui nous permettra notamment de faciliter l’inscription du bateau aux régates grâce à l’envoi automatique des formulaires d’inscription.

Et en parlant de travaux, les chantiers se sont enchaînés sur ce mois d’avril pour que notre fidèle destrier soit paré et équipé. Après un bilan énergétique et un arbitrage entre : confort, sécurité, technologie, sobriété, espace et poids, nous avons opté pour le remplacement de nos batteries. Nous avons choisi un modèle de capacité supérieure pour lequel nous allons créer un nouvel espace qui optimise la répartition du bois à bord du bateau. Aussi, pour nous affranchir du moteur diesel, nous avons également fait l’acquisition d’un panneau solaire… de taille moyenne… mais qui sur notre petit Blade-Runner semble immense ! Et cerise sur le gâteau, internet sera à bord ! Tout juste rentré de la régate Offshore, j’étais ravi de constater que mon colis m’attendait. Étant convaincu que la communication est un moyen de sécurité, un engagement envers nos soutiens, un réconfort dans les moments difficiles et un atout pour la stratégie, mais souhaitant rester fidèle aux idées du low-cost et de l’éco-friendly, j’ai opté pour une antenne reconditionnée StarLink prévue pour l’itinérance. Un ami de Brisbane m’a permis d’y domicilier mon abonnement, puis de m’expédier le matériel en bonne et due forme douanière. Tout est en règle, vous pouvez circuler !

__

Du monde au balcon

Maintenant que nous avons tout, c’est désormais le moment de lancer une journée de travaux. Après avoir réuni tout le matériel nécessaire, tube, collier, fil, vis, écrous… Je mobilise l’équipage par samedi ensoleillé. Le bateau est rapidement sens dessus dessous : des outils partout, des fournitures jusque sur le ponton avec le parking et la voiture en guise d’atelier et d’établi. Ce capharnaüm ne laisse pas de doute aux autres équipiers passé donner un coup de main dans la journée… “Pas de sortie en mer pour aujourd’hui !”. Surtout que Cécilia – notre habituée de l’ascension du mat – va démonter les haubans dans quelques instants. Voilà, le panneau solaire charge les batteries… et on surveille tout ça avec l’application mobile dédiée.

Pour parfaire notre stratégie et avoir un regard extérieur, nous avons fait appel à Jacques, skipper-formateur et géant de VMG+. Il est monté à bord pour notre régate du mercredi 17 avril et nous a dispensé ses précieux conseils que nous avons écoutés avec attention.

“Damien, tu penseras à me changer ce hauban boursoufflé !”

Rien n’échappe à l’œil avisé de ce vieux loup de mer ! Je m‘empresse de m’exécuter et programme l’intervention. Des conseils avisés, un verdict positif et des compliments sur nos « belles voiles » qui nous ont mis en confiance pour la suite de notre préparation. 

Cette épreuve du feu ne fut pas la seule. Avec Amélie nous avons fait notre premier direct à la radio NC la 1ère pour présenter notre petit Blade-Runner et nous avons aussi accueilli une de leur équipe de tournage à quai, à bord et en mer sur la suggestion de mon amie Julie ; pilote Air Calin pour son passage dans “De vous à moi”.  La semaine suivante, c’était au tour du vidéaste Charles-Henry Nick de la société Yourtracks, en quête d’images de voiliers et de sensations fortes d’embarquer avec nous. Il n’a pas été déçu du voyage, vent, pluie et vagues étaient au rendez-vous ! 

Ce mois d’avril a été aussi l’occasion de resserrer les liens avec notre sponsor NeOcean autour d’un apéro Post entraînement au CNC. Un plaisir de rencontrer l’ensemble de cet équipage autour du Capitaine Guillaume. Certains m’en parlent encore !

__

Contre vents et marées 

Le dernier week-end d’avril marquait le « Challenge équipage #3 ». Après un samedi matin d’initiation à l’entretien des winches pour certains, ajustement StarLink et routage pour d’autres, nous configurons le bateau en mode course et nous arrivons sur la ligne de départ juste à temps, voiles à peine hissées… on coupe le moteur et hop, c’est le départ. Vent arrière : ce n’est pas courant, mais le parcours s’y prête. On hisse le spy et direction l’îlot Signal, puis l’Îlot Sable encore plus à l’Ouest. Quand le Comité de course nous envoie la position GPS de la ligne d’arrivée nous comprenons rapidement que la nuit sera déjà là lorsque nous passerons la ligne. À tâtons, au GPS, nous décelons les lueurs du bateau comité parmi les lumières festives de la Baie des Cirtons. Je comprends que les Pétrel s’y perde. 13 minutes de retard sur le bateau précédent et 1 heure après le vainqueur d’une course qui aura duré 5h30… Ce n’est pas si mal…

Pour dimanche, étant retenu, c’est Amélie qui reprend la barre en tant que skippeur pour le « Challenge Double #3 » Pour la seconde fois consécutive, le bateau s’aligne en « 100% Girly » sur la ligne de départ avec Juliette aux côtés d’Amélie. Au retour de la régate, le moteur est mis en route, mais alors que les voiles sont affalées… L’hélice ne tourne plus ! Pas de panique… C’est un voilier après tout ! Le bateau flotte, le mat est debout, tout va -presque – bien. Amélie et Juliette hissent à nouveau les voiles et optent pour un « Coup de fil à un ami ». Je me transporte alors au CNC pour y voir nos deux équipières faire des allées et venues à la voile dans la rade… Sûr qu’elles y auraient passé la nuit s’il avait fallu, mais tout le monde travaille demain et l’équipage est harassé par deux jours de régate. Je hèle un bateau qui passait par là ; il me dépose sur le Blade-Runner. Pas besoin d’un remorquage ; on va réparer… Un câble de commande de la boite de vitesse du bateau était sorti de son logement… Quelques coups de clef à molette donnés par Amélie avec mes explications ont suffit pour que tout soit réparé. Finalement, mon dimanche sans voile n’en fut pas un.

blade runner
Justine et Amélie au taquet ! © Blade Runner

Entre deux entraînements, les régates et les travaux, Amélie trouve le temps d’emmener le bateau se dégourdir les appendices en week-end loisirs vers les îlots du lagon. Ça fait du bien aussi d’en profiter, car on adore ça ! Et puis, les gens commencent à reconnaitre le Petit-Bateau bleu de régate… Quelques moments de pause bien mérités mais à J-33 de la Groupama Race, nous avons encore du pain sur la planche pour ce mois de mai ! À très vite !

Damien.

__