Ces 29 et 30 septembre 2026, l’Université de la Nouvelle-Calédonie a accueilli Les Journées de la mer, deux journées consacrées aux enjeux, aux métiers et aux innovations qui façonnent l’économie bleue en Nouvelle-Calédonie et dans le Pacifique. Co-organisé par le Cluster Maritime Nouvelle-Calédonie, la French Tech Nouvelle-Calédonie et NeOcean, en partenariat avec l’Université de la Nouvelle-Calédonie et la Marine nationale, l’événement a réuni professionnels, institutionnels, chercheurs, entrepreneurs, étudiants et scolaires autour d’un objectif commun, celui de faire dialoguer les acteurs de l’écosystème maritime et réfléchir, ensemble, à son avenir.

Pour cette édition, le programme s’est articulé autour de trois temps forts. La journée du 29 septembre, portée par le Cluster Maritime Nouvelle-Calédonie, était réservée aux professionnels et consacrée aux grands enjeux de la filière. Le lendemain matin, Ocean Digital, mené par NeOcean, a ouvert les échanges aux scolaires et aux étudiants autour des formations, des métiers et de l’entrepreneuriat. L’après-midi, la French Tech a pris le relais avec une séquence consacrée à la BlueTech et aux perspectives de l’économie bleue dans le Pacifique.

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Une première journée autour des grands enjeux du maritime

Mardi 29 septembre, le Cluster Maritime a donné le coup d’envoi des Journées de la mer avec une journée dédiée aux professionnels de l’économie bleue. Au fil des conférences et des échanges, plusieurs sujets structurants pour le territoire ont été abordés, entre contexte géostratégique indo-pacifique, structuration de la filière maritime, maintenance navale, décarbonation, innovation et tourisme maritime. La matinée a notamment permis de replacer la Nouvelle-Calédonie dans son environnement régional. La question de la souveraineté maritime a également occupé une place importante. La surveillance de la Zone Économique Exclusive (ZEE), la lutte contre le narcotrafic, mais aussi l’évolution des menaces, comme la cyberpiraterie ou les activités dites de « zone grise », illustrent la diversité des enjeux auxquels les acteurs maritimes doivent aujourd’hui répondre. Les discussions ont également rappelé l’importance de la coopération régionale et de l’interopérabilité entre les différents acteurs. 

Au-delà de ces considérations stratégiques, la journée a surtout permis de mettre en lumière les leviers de développement économique liés à la mer. Le potentiel de l’économie bleue ne pourra toutefois se concrétiser qu’à travers des projets structurants et opérationnels. Plusieurs pistes ont ainsi été évoquées, notamment autour de la déconstruction navale, de la mobilité maritime et de la protection de l’environnement. La question du financement des projets est également apparue comme un enjeu central, alors que des dispositifs comme le Fonds vert permettent déjà de soutenir certaines initiatives, notamment dans le suivi de la mégafaune ou la restauration écologique.

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Place à la maintenance navale 

Parmi les sujets abordés au cours de la journée, la maintenance navale a fait émerger le constat partagé que la Nouvelle-Calédonie dispose de nombreux atouts pour développer cette activité, mais doit encore renforcer ses infrastructures et ses compétences. L’éloignement de la métropole représente aujourd’hui certaines contraintes importantes. Les capacités locales de mise au sec restent également limitées, entraînant des coûts et une perte de valeur pour le territoire. La création d’une zone technique de maintenance navale à Nouméa pourrait ainsi permettre de répondre à une partie de ces enjeux ! Plusieurs scénarios ont été étudiés et la question de la montée en compétences du territoire est ainsi apparue comme un fil rouge. La décarbonation est un autre défi ; des solutions de nouvelles technologies ont été évoquées et leur développement implique là encore de faire évoluer les compétences et les savoir-faire disponibles localement. La déconstruction navale illustre particulièrement bien cette montée en technicité. Le traitement des navires en fin de vie nécessite de maîtriser la gestion de déchets et de substances dangereuses tout en assurant une traçabilité complète et le respect d’un cadre réglementaire strict. Mais l’innovation maritime ne se limite pas aux équipements embarqués ! Les nouvelles technologies peuvent répondre à des enjeux de surveillance et de sécurité en mer. Un exemple notamment présenté concernait l’utilisation de l’intelligence artificielle pour prédire les zones à risque de piraterie maritime, qui pourrait, à terme, être adapté à d’autres problématiques, comme la lutte contre la pêche illégale ou la détection d’accidents en mer. 

L’après-midi du 29 septembre a permis de passer de la réflexion à l’échange collectif avec quatre ateliers participatifs consacrés aux infrastructures, à la filière maritime et au financement ; à l’innovation et la digitalisation ; à l’environnement et la transition ; et au tourisme maritime et à l’attractivité. L’objectif étant de faire émerger des pistes d’action et identifier les conditions nécessaires au développement de l’économie bleue calédonienne.

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Une première journée bien remplie © NeOcean

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Ocean Digital pour la jeunesse

Le lendemain matin, le public changeait de visage. Scolaires et étudiants du lycée Jules Garnier, du lycée du Mont-Dore et du lycée professionnel Saint Joseph de Cluny, de la classe de première jusqu’au BTS, étaient réunis dans l’amphithéâtre Guy Agniel pour une matinée consacrée à la découverte des formations et des métiers du maritime et du numérique et à l’entrepreneuriat pour la jeunesse. À travers quatre tables rondes, Ocean Digital, en partenariat à Lagoon, avait pour ambition de montrer aux jeunes que les secteurs maritime et numérique offrent une grande diversité de parcours et de débouchés. Les deux premières tables rondes, consacrées aux « Formations du maritime »et aux « Métiers du maritime », ont permis de commencer par déconstruire l’idée que, travailler dans le maritime ne signifie pas nécessairement être marin.

La première table ronde a réuni la Capitaine de Corvette Fanny Le Sausse de la Marine nationale, Solène Devez de la Communauté du Pacifique (CPS), Pascal Velasco du GIEP, Véronique Mollot du Cluster 3E et Karine Hartmann de la Direction des Affaires maritimes de Nouvelle-Calédonie. À travers leurs parcours et leurs expériences, les intervenants ont illustré la diversité des voies qui peuvent conduire vers le secteur maritime. Formation militaire, droit, formation professionnelle, éducation à la mer ou encore réglementation maritime… Autant de domaines qui peuvent sembler éloignés de prime abord, mais qui participent tous au fonctionnement et au développement de l’économie bleue. Les échanges ont notamment fait ressortir qu’il n’existe pas un parcours unique pour travailler dans le maritime. Les formations peuvent être très différentes selon les métiers visés et certaines permettent également de construire progressivement son projet professionnel. Cette diversité constitue ainsi un enjeu d’orientation, mais encore faut-il connaître ces métiers pour pouvoir les envisager. C’est notamment tout l’intérêt de démarches comme Blue School, portée par le Cluster 3E aux côtés de la CPS, qui cherchent à rapprocher les jeunes des enjeux liés à l’océan et à leur faire découvrir les possibilités offertes par cet environnement.

La deuxième table ronde, consacrée cette fois-ci aux « Métiers du maritime », a réuni Sébastien Fellmann de la SODEMO, Morgan Penven du Pilotage maritime, Catherine Waitea de SUDILES-BETICO et Lionel Loubersac, membre du Bureau de la French Tech Nouvelle-Calédonie, en charge de la “Blue Tech”. Là encore, la volonté était de partir de parcours professionnels pour montrer la diversité des métiers qui gravitent autour de la mer. Gestion portuaire, pilotage maritime, navigation, etc. sont autant d’activités différentes qui permettent d’entrevoir la variété des compétences nécessaires au fonctionnement d’un écosystème maritime. Les échanges ont également permis de mettre en avant qu’il n’est jamais trop tard pour changer de voie. Le parcours de Catherine Waitea en est une illustration. Après son expérience professionnelle à la SODEMO, elle a choisi de se réorienter vers la navigation et poursuit aujourd’hui sa formation en exerçant chez SUDILES-BETICO. Elle a ainsi rappelé aux jeunes que les trajectoires professionnelles ne sont pas toujours linéaires et qu’un métier dans le maritime peut aussi devenir une seconde voie professionnelle. 

Au fil des deux tables rondes, un message est finalement revenu avec force, celui qu’au-delà des formations et des compétences, le choix d’un métier doit aussi être guidé par l’envie et la passion. Trouver une activité qui correspond à ses aspirations, dans laquelle on se sent bien et qui donne envie de se lever le matin, est un moteur essentiel pour construire son parcours professionnel.

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Pour la suite, ça se passe sur NeoTech !

Ces deux premières tables rondes n’étaient que le début d’Ocean Digital. La matinée s’est poursuivie avec deux autres temps forts consacrés aux formations du numérique et à l’entrepreneuriat pour la jeunesse, toujours avec la volonté de donner aux étudiants et aux scolaires des clés pour mieux appréhender les secteurs qui façonneront les métiers de demain. L’après-midi, la French Tech Nouvelle-Calédonie a pris le relais avec une séquence consacrée à la BlueTech, pensée comme une filière stratégique pour le Pacifique. Surveillance et prédiction océanique, infrastructures numériques et scientifiques, enjeux régionaux et perspectives de développement de l’économie bleue ont notamment été au cœur des échanges, avec la participation de partenaires de référence comme Mercator Océan International.

Les Journées de la mer se sont finalement achevées par une restitution collective des principaux enseignements des deux journées, avant un cocktail de clôture organisé à la Base navale.

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