Depuis quelques jours, un nouveau visiteur a pris ses quartiers quelque part à Nouméa… Vous l’avez sûrement aperçu en vous baladant sur les quais, avec son imposant gréement et sa coque en aluminium capable d’affronter les mers les plus hostiles de la planète, PERSEVERANCE est parmi nous !

Mais derrière ses allures de grand voilier d’expédition se cache bien plus que ça. Conçu pour accompagner le projet Polar POD de l’explorateur Jean-Louis Étienne, ce laboratoire flottant collecte des données scientifiques jusque dans les régions les plus reculées du globe. Et si son destin était initialement lié aux glaces antarctiques, c’est aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie qu’il a choisi de jeter l’ancre

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De la science à tout bout d’champ

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Il est beau d’en haut ! © Solenn Etienne

Lorsque Lucas Zamecnik prend les commandes du PERSEVERANCE il y a près de trois ans, le navire n’en est qu’au début de son aventure. Depuis, le capitaine a déjà conduit le voilier aux quatre coins des hautes latitudes : Antarctique, Arctique, Groenland ou encore mer de Ross, l’une des régions les plus isolées de la planète. À bord, la science est omniprésente. Conçu comme le futur ravitailleur de Polar POD, la station océanographique dérivante imaginée par Jean-Louis Étienne, PERSEVERANCE embarque une batterie d’instruments scientifiques capables de fonctionner de manière autonome. Courants marins, composition de l’atmosphère, qualité de l’eau, chlorophylle, particules en suspension, etc. le navire observe en permanence son environnement.

« Même quand PERSEVERANCE n’est pas en mission à proprement parler, nous faisons de la science. » – Lucas Zamecnik, Capt’ain persévérant

Un photomètre analyse la lumière solaire afin de déterminer la composition de l’atmosphère, une Atmobox mesure notamment les concentrations de certains polluants atmosphériques, un courantomètre ADCP suit les mouvements des masses d’eau, tandis qu’une FerryBox réalise des prélèvements continus en mer. Chaque instrument est relié à un laboratoire de recherche qui récupère ensuite les données collectées. Tout ça permet que, même lors d’un transit entre deux missions, le bateau continue de produire des informations pour la communauté scientifique. PERSEVERANCE est plus qu’un navire transportant des chercheurs, il est devenu un outil scientifique à part entière.

« Quand nous sommes en transit, sans passagers ni scientifiques à bord, nous collectons quand même des données qui sont envoyées quotidiennement aux laboratoires. » – Lucas Zamecnik

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Un bateau plus que persévérant

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La fameuse © Polar POD

À l’origine pourtant, PERSEVERANCE avait une mission bien précise, celle d’assurer le ravitaillement du futur Polar POD. Imaginée par Jean-Louis Étienne, cette station verticale dérivante devait naviguer durant plusieurs années au cœur du courant circumpolaire antarctique afin d’étudier l’océan Austral et son rôle dans la régulation du climat mondial. Mais malgré plusieurs années de préparation et le soutien affiché de l’État français, le projet se trouve aujourd’hui à l’arrêt.

« L’objet initial de PERSEVERANCE n’existe pas. Donc il faut bien trouver une activité à ce bateau ! » – Lucas Zamecnik, toujours avec persévérance

Plutôt que d’attendre, l’équipe a choisi de réinventer son modèle. Désormais, PERSEVERANCE alterne missions scientifiques et expéditions ouvertes à des passagers passionnés qui participent directement aux travaux menés à bord. Et la formule a déjà fait ses preuves ! Lors d’une récente campagne de près de deux mois en mer de Ross, le navire a embarqué scientifiques, membres d’équipage et passagers autour de l’ambition commune de collecter des données dans l’une des régions les moins fréquentées du globe. Entre inventaires de colonies de manchots, prélèvements de plancton, mesures de chlorophylle pour des programmes menés avec la NASA, déploiement de bouées autonomes ou encore observations océanographiques ; les missions s’enchaînent et les données s’accumulent. Et ici, pas de séparation entre équipage, chercheurs et passagers.

« On vit tous ensemble à la bonne franquette. On partage les repas, on fait la vaisselle, tout le monde met la main à la pâte. » – Lucas Zamecnik

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Cap sur la Nouvelle-Calédonie

Après avoir sillonné les mers australes, pourquoi avoir choisi Nouméa comme port d’attache ? Après plusieurs années de navigation intensive, le navire avait besoin d’une petite pause technique. Maintenance, réparations et contrôles ; comme tout bateau qui navigue dans des conditions extrêmes, PERSEVERANCE doit régulièrement passer par la case entretien. Mais l’escale calédonienne a également à une logique stratégique.

« Nous avions besoin d’un port d’attache, d’un camp de base où nous poser un peu. » – Lucas Zamecnik

La présence locale d’acteurs majeurs de la recherche océanographique comme l’IRD ou l’Ifremer a largement pesé dans la balance. L’équipage espère construire de nouveaux partenariats scientifiques depuis la Nouvelle-Calédonie. Des discussions sont déjà engagées afin d’imaginer de futures campagnes pédagogiques et scientifiques au départ de Nouméa. L’idée serait de mettre les capacités du voilier au service de programmes de recherche locaux tout en permettant au grand public de participer à certaines expéditions.

« Notre choix s’est porté sur la Nouvelle-Calédonie notamment pour sa forte communauté scientifique. » – Lucas Zamecnik

Le navire devrait ainsi rester plusieurs mois sur le territoire, au moins jusqu’à sa prochaine mission prévue en mer de Ross début 2027. Entre deux opérations de maintenance, l’équipage multiplie déjà les visites scolaires, les rencontres avec les acteurs locaux et les échanges avec les institutions scientifiques.

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Un p’tit nom qui lui va très bien

À mesure que l’on découvre l’histoire du navire, son nom apparaît comme une évidence. Conçu pour accompagner une station scientifique qui attend encore de voir le jour, PERSEVERANCE aurait pu devenir un projet suspendu mais il a finalement choisi une autre route, il a choisi d’être persévérant !

Des glaces antarctiques aux eaux calédoniennes, le voilier poursuit sa mission d’explorer, de mesurer, de comprendre. En attendant que Polar POD reprenne peut-être un jour le large, PERSEVERANCE continue lui, de tracer son sillage. Fidèle à son nom…

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Rendez-vous en mer inconnue ! © Capt. L.Zamecnik

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