Ragazzi, ragazze, bienvenue sur NeOcean ! Si les alizées gonflent vos voiles et l’azur illumine vos cœurs, c’est que cette série d’articles sur les courses à la voile à travers le monde va vous faire chavirer. Petit tour d’horizon des balades plus ou moins tranquilles au sommet des flots du globe… 

Dans le sixième épisode, nous avions découvert un style de régate en équipe, dans une version calédonienne : le match racing. Aujourd’hui, c’est dans une course solo en Atlantique qu’on vous emmène. Au fils des années, la Solitaire du Figaro est devenue une course incontournable pour les skippers, professionnels ou amateurs, en quête de challenge ! Le top départ a été donné le 27 août dernier et s’est achevé le 15 septembre. Retour sur la 54e édition de la course la plus célèbre de France.

Solitude quand tu nous tiens… © Alexis Courcoux

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Une Solitaire pas comme les autres

La Solitaire du Figaro est une course de voiliers monocoques incontournable en France. Créée en 1970, elle portait autrefois l’ancien nom du journal ; l’Aurore. Dès le début, cette régate au large est un franc succès et elle attire de plus en plus de skippers au fil des années. Cette course, en dehors d’être une régate offshore, a eu son lot de particularités et d’évolutions au fil des éditions…

Parcours © La Solitaire du Figaro 2023

La première concerne son parcours. Avec un départ en France, la course connait de multiples changements. Il n’y a pas une seule course qui se ressemble. Si les deux premières éditions font une étape en Espagne, dès 1972, la course inclue tous les ans, une ou plusieurs étapes chez nos voisins anglais – exception faite de 1999. Pour cette 54e édition, la Solitaire du Figaro est allée de Caen à Kinsale – en Irlande -, puis est revenue en France dans la Baie de Morlaix, pour repartir vers l’Espagne, passer la bouée à Gijon et finir à Priac sur Mer.

« Le parcours de la Solitaire du Figaro Paprec 2023 permettra d’explorer un terrain de jeu large. Les étapes alternent des sections côtières et des sections hauturières, afin que chaque skipper puisse pleinement s’exprimer. J’espère que ce parcours en 3 étapes, cumulant plus de 1800 milles nautiques, sera passionnant à suivre. »

Yann Chateau, Directeur de Course

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Des bateaux iconiques

Mais là où l’innovation marque particulièrement cette course concerne le bateau utilisé par les skippers. Lors de la création de la course en 1970, Monsieur tout le monde et son bateau pouvaient s’élancer dans cette course. Pourtant, la différence de performance entre les navires a mis en avant la nécessite de mieux s’équiper. C’est alors le début de la « course à l’armement ». Ainsi, au fil des éditions, les architectes ont planché pour créer des voiliers monocoques de plus en plus performants.

Ce n’est qu’en 1991 que la Solitaire du Figaro a instauré l’obligation d’un type de bateau. Ce sont les chantiers Bénéteau qui ont conceptualisé le monocoque de la course. Avec pour cap l’égalité des chances, cette nouvelle règle a aussi eu pour objectif de diminuer le pouvoir financier sur les résultats sportifs. Tout le monde à la même enseigne, la seule chose qui fait la différence, c’est l’expertise du skipper ! Ainsi, Le Bénéteau 1 concourra jusqu’en 2003, laissant la place à Bénéteau 2, puis Bénéteau 3 depuis 2019. 

Le Bénéteau 3 est considéré aujourd’hui comme un petit bijou dans le monde de la course. Sa particularité ? Il est le premier monocoque monotype à foils de série au monde. Ces derniers sont tournés vers l’intérieur pour un objectif radicalement différent que ceux que vous pouvez avoir sur vos planches. En effet, ils génèrent de l’antidérive tout en améliorant le moment de redressement du bateau. Vulgairement : il est plus stable, plus léger et donc il va plus vite !

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La Solitaire, la sportive !

C’est donc le 27 août dernier, à 13h02, que le grand départ pour la 54e édition a été donné. Trente-deux marins étaient en lice pour décrocher le trophée. C’est dans le bassin Saint-Pierre à Caen que la parade a commencé. Les bateaux ont ensuite remonté le canal de Caen, long de quatorze kilomètres, jusqu’à Ouistreham. L’occasion pour tous les curieux d’assister à ce beau spectacle. Puis, dernier point météo avec les préparateurs et concentration maximale pour les skippers.

C’est Corentin Horeau, marin de 34 ans, originaire de la Trinité-sur-Mer qui a remporté la première place de la Solitaire du Figaro, pour la première fois après sept participations. Ainsi, il a parcouru les 1 850 milles – 3 426 kilomètres – en 11 jours, 12 heures et 59 minutes. Les conditions météos lors de la deuxième étape ont été décisives : d’un côté, elles ont permis à certains de se hisser en tête de course, d’autres ont été largement mis à rude épreuve, entrainant des écarts d’arrivée relativement importants.

Ce n’est pas le cas pour Basile Bourgnon, qui est arrivé deuxième, dix minutes après Corentin, suivi de Loïs Berrehar, seize minutes après le deuxième. Le dernier arrivé, Laurent Givry, aura mis un peu moins de deux jours de plus pour boucler la course. Une performance qui est aussi à saluer pour un skipper amateur ! La beauté de cette course réside bien dans le fait qu’amateur ou professionnel, tout le monde peut prendre du plaisir et se challenger sportivement ! À l’année prochaine.

« C’est un profil amateur qui ne s’entraîne pas beaucoup. Il a fait une étape 2 assez géniale. Il a fait un bon début d’étape avant de perdre un peu par la suite avec moins de vitesse au portant, mais il a réussi à s’accrocher. Je pense qu’il a beaucoup appris sur l’aspect sportif mais aussi sur lui-même car la course est vraiment dure, humainement et mentalement. D’ailleurs, l’aspect mental est très important, il faut savoir rester costaud dans les moments difficiles. ».

Yann Chateau, Directeur de Course

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