Et finalement, ils sont tous arrivés en un morceau…
Après une semaine où la météo a mené la danse avec deux faux départs, un parcours raccourci et plus de vent que prévu, les six équipages de la Corail 600 ont tous franchi la ligne d’arrivée. Comme l’annonçait son slogan, cette course fut une vraie « odyssée à la voile ». Elle aura tenu toutes ses promesses, avec un suspense qui a duré jusqu’au bout, des navigateurs éprouvés, mais fiers et un final qui restera dans les mémoires du Cercle Nautique Calédonien. Retour sur une semaine de mer intense…
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Une météo capricieuse
Annoncée comme exigeante dès les jours précédents la date de départ initiale, la météo aura fini par dicter une bonne partie du scénario de cette première édition. Le départ qui devait avoir lieu le samedi 13 juin depuis la Baie des Citrons a donc dû être reporté deux fois en raison d’un vent fort et d’une houle conséquente dans le sud. C’est donc finalement le mercredi 17 juin que les six bateaux ont pu s’élancer. Une fois en mer, le programme promis a été tenu au-delà même des attentes. Entre Lifou et Maré, les équipages ont essuyé des creux changeants et des bascules de vent de plusieurs dizaines de degrés, décrites par l’équipage de Poulpito comme une ambiance digne d’une zone de guerre.
« La nuit a été particulièrement mouvementée, beaucoup de vent, une mer très hachée. Lifou et Maré, c’était Bagdad. Tout le monde mouillé, des malades à bord, mais pas de casse à signaler » – Boris, équipier sur Poulpito
Du côté de BNC My::NET, on a connu des écarts de vitesse du simple au triple en quelques minutes. Plusieurs bateauxont même battu leurs records personnels de vitesse, avec des pointes à 15 nœuds pour BCI Brer Fox et jusqu’à 23 nœuds annoncés pour Guilty Pleasure. Mais le passage le plus redouté restera sans doute celui de la zone de Walpole, où plusieurs équipages se sont retrouvés totalement immobilisés par une pétole tenace. BCI Brer Fox y est resté bloqué cinq heures avant de pouvoir repartir vers l’Île des Pins, un épisode que son équipier Jeremy Picot qualifiera de véritable miracle. Les teams Groupama et Xanax ont connu le même sort, contraints à l’arrêt aux côtés de leurs concurrents avant de pouvoir enfin remettre le cap sur Nouméa sous spi. La course n’aura pas non plus été tendre avec le matériel… Une bosse de ris cassée chez Xanax, un GPS perdu en mer lors d’un empannage sauvage dans la Team Groupama, une chaîne de barre endommagée chez Guilty Pleasure ou encore un four qui a fini par éjecter un équipier de BCI Brer Fox. La liste des avaries témoigne d’une mer qui n’a laissé aucun répit aux navigateurs comme à leurs bateaux.



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Une course serrée jusqu’au bout de la nuit
Sportivement, la Corail 600 a livré son lot de rebondissements. Très vite, deux groupes se sont dessinés au sein de la flotte. En tête, Poulpito, BNC My::NET et Guilty Pleasure se sont livré un duel de tous les instants, se doublant à plusieurs reprises au fil des journées.
« On s’est fait souffler la première place en temps réel par Poulpito. On est fin « colère ». Mais c’est pas grave. Comme on dit à la Foire de Bourail, c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses. » – Yann, équipier sur BNC My ::NET
Derrière ce trio de tête, Xanax, Team Groupama et BCI Brer Fox ont eux aussi joué des coudes une bonne partie de la semaine, parfois à portée de jumelles les uns des autres. C’est finalement dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 juin que la tête de course s’est jouée. À 2h47 du matin, Poulpito, skippé par David Tréguier, franchissait la ligne d’arrivée en tête, en temps réel. Une victoire qui concrétisait l’objectif que le jeune skipper s’était fixé avant le départ de terminer premier au chronomètre. Moins d’une heure plus tard, à 3h34, c’était au tour de BNC My::NET de boucler son parcours, après une course en double menée par Michel Quintin et Yann Rigal qui n’aura laissé que peu de répit à l’équipage. Guilty Pleasure complétait ce trio de tête à 5h33, au petit matin…
Trois équipages restaient alors encore en mer. BCI Brer Fox franchissait la ligne à 21h11 ce même samedi et quelques heures plus tard dans la nuit, Team Groupama et Xanax achevaient à leur tour leur traversée, Xanax bouclant sa première grande course à 3h56 du matin sous les applaudissements du comité de course à la VHF. Côté classement, c’est au temps compensé que tout se jouera réellement, puisque c’est ce résultat qui détermine le vainqueur officiel de l’épreuve. BNC My::NET occupait la tête provisoire de ce classement à l’issue des premières arrivées, mais celui-ci ne pouvait être figé tant que l’ensemble des six équipages n’avait pas rallié le port.

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Pas de fatigue qui tienne

Au-delà des chronos et des classements, c’est sans doute l’état d’esprit affiché par les équipages qui aura marqué cette première édition. Malgré des nuits quasiment blanches, des repas pris froids et des estomacs mis à rude épreuve par le mal de mer, l’ambiance est restée bon enfant tout au long de la semaine. Et la Team Groupama en aura sans doute donné la plus belle illustration ! Bloqué dans la même pétole infernale que BCI Brer Fox et Xanax au large de Walpole, l’équipage a choisi de transformer cette immobilisation forcée en petite kermesse rythmée de limbo sous les bouts et de musique à fond, avant de repartir dans la joie et la bonne humeur. Une philosophie que l’on retrouve aussi chez Xanax qui a franchi la ligne d’arrivée avec fierté après quatre jours de mer. De retour à terre, Christelle, membre de l’équipage, confiait être encore submergée par l’émotion d’avoir passé la ligne, après un parcours qu’elle décrivait comme un véritable dépassement de soi, ajoutant déjà avoir hâte de repartir.
Cette résilience collective, conjuguée à des paysages à couper le souffle entre Lifou, Maré et Walpole, restera sans doute l’un des plus beaux souvenirs de cette première Corail 600. Une épreuve qui aura testé les oreilles internes autant que les bateaux, mais qui aura aussi confirmé, comme l’espéraient ses organisateurs, que le Parc naturel de la mer de Corail a tout pour devenir un merveilleux terrain d’aventure pour nos marins calédoniens.
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À suivre…
Si cette première édition n’aura pas été un long fleuve tranquille, elle aura au moins rempli son contrat sportif ! Six équipages au départ, six équipages à l’arrivée et aucun abandon malgré des conditions parfois extrêmes. De quoi conforter les ambitions du Cercle Nautique Calédonien, qui voit déjà la Corail 600 s’installer durablement dans le calendrier nautique du Caillou, en complément de la Groupama Race, avec à terme l’envie d’ouvrir la compétition aux voisins australiens et néo-zélandais. Pour les six équipages, l’heure est désormais au repos !
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