À l’occasion de la reprise de « Plein Phare », le 16 juillet 2026 au Conservatoire des Arts de la Nouvelle-Calédonie, le Musée maritime de Nouvelle-Calédonie redonne vie à l’histoire fascinante du phare Amédée à travers une création mêlant théâtre, humour et histoire. Dix ans après sa création et un an après son retour sur scène, cette version revisitée s’enrichit de nouvelles séquences et d’une mise en scène modernisée. Valérie Vattier, directrice du Musée maritime, et Dominique Jean, metteur en scène de la Compagnie de l’Archipel, reviennent avec la rédac’ sur la genèse du spectacle, ses évolutions et la manière dont il raconte le lien si particulier entre les Calédoniens, leur patrimoinemaritime et ce monument emblématique…

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« Plein Phare » est né l’année dernière pour les 160 ans du Phare Amédée, qui avait été initialement joué en extérieur face à la mer. Pourquoi avoir voulu le faire revivre, cette fois au Conservatoire ?

Valérie Vattier : « Plein Phare » est, en fait, né en 2015 pour les 150 ans de l’allumage du phare Amédée. La pièce, qui avait été jouée en extérieur et à l’intérieur du Musée Maritime (en raison d’intempéries météo) avait déjà rencontré beaucoup de succès à cette époque. C’est donc avec grand plaisir que, 10 ans plus tard, nous avons eu l’idée de la reproposer aux Calédoniens. La reprise au Conservatoire permet de révéler cette histoire auprès des scolaires dans cette magnifique salle du Conservatoire des Arts : écoles primaires le matin et écoles secondaires l’après-midi ; une séance tout public est programmée en soirée. C’est une occasion unique que nous offre Pascale Doniguian, la directrice du Conservatoire des Arts, de redonner vie à ce spectacle et de partager avec le plus grand nombre, l’histoire insolite de ce phare.

Dominique Jean : Il y a dix ans, c’était une commande et une décennie plus tard, nous voulions marquer à nouveau cet anniversaire. Le Musée Maritime souhaitait faire partager l’histoire du phare avec les Calédoniens et tordre le cou aux légendes urbaines qui voulaient que l’arrivée du phare fût une erreur historique de destination postale (une fake news étrangement répandue dans la société calédonienne, et qui l’est encore). J’aime l’histoire et le théâtre historique et créer un spectacle qui rend compte de l’histoire de ce qu’on peut appeler notre Tour Eiffel me paraissait une belle façon de rendre justice aux personnages qui ont rendu cela possible. La pièce a plu et le public l’a redemandée. Nous avions donc le projet de lui trouver un nouveau lieu et le Conservatoire, par l’intermédiaire de sa directrice, s’est tout de suite intéressé au projet et nous a ouvert ses portes.

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Vous évoquez une version « revisitée » pour ce 16 juillet. Qu’est ce qui change par rapport à la version jouée l’année dernière ?

Valérie Vattier : Chaque nouvelle étape, y compris d’une année à l’autre, permet d’ajuster le texte et d’affiner la mise en scène. L’interprétation évolue, le public aussi. Je salue pour cela le travail de l’auteur, Firmin Mussard, ainsi que la mise en scène de Dominique Jean, de la Compagnie de l’Archipel avec qui je travaille depuis de nombreuses années.

Dominique Jean : En dix ans, l’histoire a évolué et nous souhaitions, avec l’auteur, reconsidérer la proposition notamment sur la construction du phare lui-même. C’est pourquoi nous avons ajouté des séquences sur celle-ci, afin que le public comprenne mieux le quotidien de ceux qui ont « fait » le phare. Traverser les époques et s’appuyer sur des techniques modernes comme la vidéo représentait également un nouveau défi pour nous (ce qui rend d’ailleurs le spectacle adaptable aussi bien en salle qu’en extérieur). C’était aussi une nouvelle envie.

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Le phare Amédée est souvent décrit comme un symbole du territoire. En quoi « Plein Phare » permet-il de raconter ce lien si particulier entre les Calédoniens et la mer ?

Valérie Vattier : Le musée maritime a pour mission de préserver, mettre en valeur et transmettre le patrimoine maritime au plus grand nombre, en s’appuyant sur une grande diversité de formes de médiation culturelle. Parmi elles, le théâtre occupe une place particulière. Contrairement à une exposition ou à un ouvrage historique, il fait vivre le patrimoine à travers des personnages, des émotions et des récits qui rendent l’histoire accessible à un large public. Cette approche artistique n’en demeure pas moins rigoureuse, car la pièce s’appuie en amont sur un important travail de recherche dans les archives, afin de restituer avec fidélité les faits et le contexte historique. L’humour, omniprésent, est un formidable outil de transmission. Il permet de raconter l’épopée singulière de ce phare, de surprendre le public et de tordre le cou aux nombreuses idées reçues qui entourent ce monument emblématique si cher aux Calédoniens.

Dominique Jean : Pour moi, un spectacle c’est avant tout une aventure commune. L’idée avec « Plein Phare », c’est de raconter l’histoire de manière ludique pour tous les publics et d’éclairer, comme le phare lui-même, la réalité historique derrière les légendes. J’aime mélanger fiction et réalité, distraire tout en instruisant. Le musée maritime a toujours compris cette approche et fait appel à nous pour ses grands projets, ce qui dit quelque chose, je crois, sur ce qu’on fait. C’est peut-être ça notre spécificité ici, sur le Caillou : savoir raconter les histoires et l’Histoire. Nous sommes très fiers d’avoir eu l’occasion de raconter cette histoire-là, parce que ce n’est pas n’importe laquelle. Ici, tout le monde a un lien avec ce phare, qu’il l’ait visité ou non. C’est un monument qui accompagne les Calédoniens et qui symbolise une certaine appartenance au pays une image lointaine des ambitions technologiques d’une autre époque, qui brille encore.

Informations utiles :

  • Date : Jeudi 16 juillet – 19h
  • Lieu : Conservatoire des Arts de la Nouvelle-Calédonie 
  • Tarifs : 2400 F/adulte – 1700 F/jeune – 6600 F/famille – Gratuit pour les moins de 6 ans et les membres du musée
  • Durée : 50 min 
  • Réservation sur Eticket
phare
Rendez-vous le 16 juillet ! © Musée Maritime de Nouvelle-Calédonie

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