À l’Anse Vata, les pratiquants des indémodables sports nautiques sont nombreux à partager le plan d’eau. Mais lorsqu’un rider se retrouve en difficulté, les solutions pour lui venir en aide restent limitées. C’est à partir de ce constat, bien antérieur à la recrudescence des attaques de requins en Nouvelle-Calédonie, qu’est née l’idée de créer une association dédiée à la sécurité des riders. 

Encore en gestation, le projet porté par Ralph Pinault vise notamment à organiser un système de surveillance et de secours entre pratiquants, tout en réfléchissant aux moyens de mieux anticiper les situations à risque. Il revient avec la rédac’ sur la genèse de cette initiative, ses ambitions et son regard sur la sécurité en mer.

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Quels constats ou besoins ont motivé cette initiative de projet d’association d’(auto-) défense des riders de l’Anse Vata ? 

La genèse de ce projet remonte en fait à bien avant la recrudescence des attaques de requin. Comme beaucoup de Calédoniens, je suis pratiquant de sports nautiques depuis de nombreuses années et il m’est arrivé comme tout le monde de casser du matériel en naviguant à proximité de l’îles aux Canards. Et là, pas beaucoup de solutions : soit on rentre en ramant sur sa planche, soit on se fait remorquer tant bien que mal par un autre pratiquant, soit un bateau taxiou les bonnes âmes d’Aloha (Mathieu et Jérôme) viennent nous récupérer avec leur bateau pour nous ramener à la plage.

L’idée est partie de là. Je me suis dit que mettre à disposition de tous une embarcation au centre de l’Anse Vata, soit au mouillage, soit sur un chariot dans le cas d’un jet ski, serait idéal et renforcerait grandement la sécurité. Nous sommes assez nombreux sur l’eau et repérer une personne en difficulté est relativement aisé. En revanche, lui porter secours est plus compliqué avec nos engins de navigation non motorisés et essentiellement monoplaces. Il y a en général toujours quelqu’un pour rentrer à la plage et aller prévenir Aloha lorsqu’ils étaient encore en activité. Mais ce n’est pas idéal, Mathieu et Jérôme travaillent et doivent surveiller leurs clients avant toute chose. Il y a également les pompiers de la plage du Château Royal. Toutefois ces derniers s’occupent essentiellement de la zone de baignade à proximité directe. De plus, ce côté de la Baie de l’Anse Vata est complètement déventé, il est par conséquent très difficile d’y accoster pour nous. Le seul moyen serait de les appeler par téléphone une fois rentrés à la plage au centre de la baie.

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De mauvais souvenirs © Coralie Cochin

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Même si le projet est encore en gestation, quels seraient, à terme, ses principaux objectifs et les actions que vous souhaiteriez mettre en place ?

Tout d’abord, il faut : 

  • Créer une association dédiée à la surveillance de toute la zone de l’Anse Vata. C’est le seul moyen d’avoir du poids auprès des pouvoirs publics.
  • Recenser le nombre de pratiquants, les sensibiliser au projet, les faire adhérer, former des équipes de surveillance, former ceux qui voudront assurer les tours de garde.
  • Établir un calendrier sur l’année des équipes de surveillance afin d’éviter que cela soit toujours les mêmes qui soient d’astreinte.
  • Récolter des fonds pour l’achat et/ou la location du matériel (formations, embarcation, système de communication, miradors…).
  • Obtenir l’autorisation permanente de naviguer avec une embarcation motorisée dans la baie de l’Anse Vata.

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Plus largement, quel(s) message(s) souhaitez-vous adresser aux pratiquants d’activités nautiques concernant la sécurité en mer et la manière d’aborder la question du risque requin ?

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L’ADN de la Nouvelle-Calédonie © Nouvelle-Calédonie Tourisme

Je ne suis en aucun cas un spécialiste de la sécurité maritime et des requins. Aussi je n’ai aucune légitimité pour donner des conseils et des recommandations. La sécurité en mer est régie par des règles édictées par des professionnels, il faut les connaître et les suivre. Ensuite, le bon sens et l’observation font le reste, à chacun d’être responsable. Quant au risque requin, il est nécessaire de continuer l’étude de leur comportement. Cette dernière doit être réalisée par des scientifiques spécialisés et non pas par des associations bénévoles. C’est un sujet extrêmement sérieux, on se doit d’être rigoureux. Il est nécessaire d’allouer des ressources à ces études. Un jour, grâce à cela je l’espère, nous comprendrons mieux ces animaux. Des dispositifs et des règles pourront être mis en place afin que nous soyons tous en sécurité lorsque nous pratiquons nos activités nautiques.

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