À 19 ans seulement, Phoebe Rocher poursuit son ascension sur la scène internationale du kitesurf. Six fois championne de France et championne du monde junior en 2024, la jeune Calédonienne aborde la saison 2026 avec une motivation renforcée par une première année prometteuse parmi l’élite mondiale. Entre entraînements sur nos merveilleux spots calédoniens, compétitions internationales et études universitaires exigeantes, elle avance avec lucidité, discipline et un objectif assumé, celui de progresser face à l’élite internationale, pas à pas pour, un jour, décrocher le titre mondial !
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Tu t’apprêtes à disputer une nouvelle saison sur le circuit mondial senior. C’est impressionnant à ton jeune âge ! Dans quel état d’esprit abordes-tu cette saison 2026 et qu’est-ce qui a changé pour toi depuis tes premiers mondiaux de kitesurf ?

J’aborde la saison 2026, plus motivée que jamais. Mes résultats en 2025 pour ma première année sur le circuit mondial senior m’ont fortement encouragé et me poussent vers mon objectif de devenir championne du monde un jour. C’est sûr que le monde des pros c’est impressionnant, voire intimidant. Pendant nos entraînements avant la compétition au Brésil, je ne me sentais pas à ma place et j’ai eu des moments de doutes. Mais mes concurrentes m’ont fait sentir accueillie et m’ont encouragée. Ça me réjouit que même entre concurrentes, on se soutienne lors de ces moments sous pression.
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Entre les compétitions internationales, l’entraînement et tes études, ton quotidien est particulièrement intense. Comment parviens-tu à maintenir cet équilibre, et en quoi cette discipline t’aide-t-elle à progresser au plus haut niveau ?
Je dirais que cet équilibre entre sport et études, c’est la partie la plus dure de mon projet sportif. Grâce à mon statut de sportive de haut niveau, l’IUT m’a aménagé mon emploi du temps, je peux donc sortir de cours un peu plus tôt s’il y a du vent et aussi m’absenter sur d’assez longues périodes pour mes compétitions, tout ça à condition que les résultats scolaires suivent. J’ai quand même de grosses journées à l’IUT, entre 35 et 40 heures par semaine, en rajoutant mes entraînements six fois par semaine, sans oublier les devoirs et les révisions. Quand je m’absente pour les compétitions, on m’envoie les cours ; je les fais à distance et quand je reviens, je rattrape les examens que j’ai manqués. C’est sûr que je me sens souvent débordée et c’est un rythme qui est assez dur à tenir, mais j’aime me sentir productive et là je n’ai pas le temps de m’ennuyer.

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Tu vises le top 6 mondial cette saison (pourquoi pas championne du monde ?). Qu’est-ce qui fera la différence face aux meilleures rideuses de la planète, et que représente ce défi pour la jeune kitesurfeuse calédonienne que tu es ?
Étant la plus jeune dans la catégorie femme, la majorité de mes concurrentes ont entre cinq et dix ans de plus que moi et donc des années d’expérience en plus (par exemple, la championne du monde en ce moment a gagné six fois le titre et a 38 ans). Non seulement elles exécutent leurs figures depuis des années, mais elles ont aussi plus d’expérience de compétition que moi (l’habitude de gérer la pression, les tactiques, …). Donc devenir championne du monde reste toujours mon objectif, mais c’est un objectif sur le long terme. J’espère les rattraper petit pas par petit pas, car j’ai quand même un avantage comparé à elles : je peux m’entraîner à l’année longue. En effet, pas besoin de voyager pour m’entraîner en hiver, j’ai un des meilleurs spots au monde à dix minutes de chez moi : le Méridien. Sans oublier tous nos spots paradisiaques à une heure ou deux de voilier.


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